Grandes montagnes

Grandes montagnes

C’est bon, c’est parti ! Pauline conduit au début, tout se passe bien malgré un petit stress initiale.
On galère un peu avec la conduite à gauche mais ça rentre vite. Tout est inversé, y compris les commandes d’essuie-glace et clignotant. Autant dire qu’à chaque virage, c’est parti pour un lavage de pare-brise. Mais ça rentre vite, on s’habitue et on avance !

Le contraste avec Christchurch est énorme, on aperçois à l’horizon de grandes montagnes, on arrive dans les Alpes du Sud néo-zélandaise.

Notre premier arrêt est le lac Tekapo à 3h de route.
Le lac est resplendissant, d’un bleu turquoise saisissant. Cette couleur vient de la farine glaciaire, de minuscules particules de roches qui sont broyés par le mouvement des glaciers et transportés dans l’eau pendant la fonte des glaces. Elles restent en suspension dans l’eau et diffusent les rayons du soleil, en particulier la longueur d’onde bleue.

Notre auberge a vu sur le lac, c’est beau.

On a envie d’aller marcher et on hésite entre deux randos. Aller, on pars pour la plus longue. Pas déçu, on pars vers 18h, en début de couchée de soleil, là où la lumière est douce et orangé. Là où le soleil étire les longues ombres montagneuse. Saisissant, c’est le mot.

On discute, on rigole et on kiffe notre meilleur vie. Journée un peu stressante au début avec la voiture et qui se termine en apothéose, la vie c’est un tout.

Nous décidons le lendemain d’aller voir de plus près ces montagnes. On prends la route direction le Mont Cook, plus haut sommet de nouvelle-zélande avec ses 3 724 mètres. Le Mont Cook alimente deux glaciers, la glacier Tasman et le glacier Hooker qui ont donné naissances à deux lacs qui eux-mêmes se jettent dans un énorme lac, le lac pukaki. Le lac est magnifique, toujours ce bleu turquoise. On prends quelques photos et on repars.

Direction deux petites randonnées à côté du mont Cook pour les voir de plus près ces glaciers ! Le temps est radieux avec un très beau soleil et aucun nuage, idéal pour tout bien voir. Salade pâtes / sauce bolo pour changer.

La première petite rando dure 25 minutes et nous permet de nous rapprocher du Glacier Tasman. On voit à quel point il recule et laisse place au lac qui le prolonge. Il a perdu 2 kilomètres de longueur en 20 ans.

Nous rencontrons un couple de Québécois avec qui on discute, ils viennent de Jonquière, tout à côté de Chicoutimi! Le monde est petit, on discute voyage. La soixantaine et la patate.

Deuxième rando, Hooker Valley Track. Plus longue que la deuxième, celle-ci nous permet de voir le glacier Hooker. On peux aller tout proche du lac et toucher son eau glacé. De petits icebergs flottent à proximité, c’est beau. Lors de gros tremblement de terre, comme en 2011 à Christchurch, de gros morceaux de glaces peuvent se détacher du glacier et provoquer un tsunami avec des vagues de 3 mètres, impressionnant. Les deux randos sont assez touristiques et on y croise pas mal de monde mais on est super content d’avoir fait une première approche en douceur et de planter le décor de ce qui nous attend le lendemain.

Journée terminée, direction l’auberge à 1h30 du Mont Cook. Aucune auberge à proximité du Mont Cook, tourisme oblige, c’est cher. On prend donc la route vers une ferme / auberge avec l’impératif de faire le check-in avant 20h. Arrivé prévu à 19h53, large. On se foire de route, pas de réseaux, petit coup de stress. On se débrouille et on arrive enfin à destination, ouf. C’est pas ce soir qu’on dormira dans la voiture.

Nous parlons avec un néozélandais qui tond des moutons et qui va vers son prochain job où il y restera pendant 11 jours. Pardonnez mon anglais, je croyais au début qu’il était berger. Après avoir demandé à plusieurs reprises s’il travaillait avec un chien pour gérer le troupeau, j’ai bien compris qu’il n’était pas au champ.
Nous avions remarqué des pâturages de moutons et on s’était déjà demandé à quoi ils servaient, on a nos réponses ! Principalement laine de Mérinos et pour les manger. C’est mignon, un mouton.
L’auberge est sympa, en plein dans la campagne.

Debout, 7h. On admire le lever de soleil qui perce les montagnes. Pas mieux pour me mettre de bonne humeur. Aujourd’hui direction Mueller Hut Route, une randonnée de 10km allé-retour qui va vers une hut (un refuge) au même point de départ qu’hier avec 1000 mètres de d+.
Pas facile de trouver des places dans la hut avec seulement 28 places de dispo. La veille, vers 23h, on a vu qu’il restait quelques lits, mais non, pas cette fois ci. Pas assez préparé et la météo est mauvaise le lendemain soir.
Allé-retour dans la journée, donc.

Nous partons assez tard, vers 11h. La première partie est composée que d’escalier, ça casse les jambes (et en descente plus qu’en monté !). La seconde partie, beaucoup plus sauvage est rocheuse avec des éboulis. Beaucoup de vent, on fait gaffe, pas envie de se tordre la cheville au début! Presque personne sur la route, on se dit qu’on a du monter entre deux vagues. La météo en haut est déchaînée et on a la dalle. Nous décidons de ne pas faire de pause pendant l’aller car on doit avancer, deux heures et demi de route nous attendent le soir. On monte en haut, pas mal de neige, il pleut et énormément de vent. Rester debout devient un sport.

Le sommet donne vu sur le glacier Mueller dans la montagne. On le voit, il est là, tout prêt. Ce blanc éclatant sur le pan de la montagne ombragée, mystique. Qu’on est petit dans ce monde de géant.

Il est 20h où j’écris ces lignes, deux heures et demi d’attente de manchots et toujours rien. J’en parlerai plus tard de ces manchots désirés et désirables.

On ne va pas jusqu’à la hut, encore 40 minutes de route, il est 15h et on a pas mangé. On manque un peu de force, je crois. La vue commence à se boucher en haut, autant dire que ça ne motive pas.
En descendant on fait une courte pause déjeuner caché derrière un rocher pour nous protéger des éléments ! Pas grand monde dans cette randonnée, ça change d’hier. On descend pile poile à temps, la pluie commence à se faire sentir. Les sommets des montagnes entourants le mont Cook disparaissent progressivement derrière des épais nuages, contents d’avoir pu en profiter plus tôt.

La rando est vraiment super chouette et nous laisse un très bon souvenir. Le fait d'avoir fait les deux petites randonnées à proximité la veille nous a préparé aux paysages et on apprécie de pouvoir découper la découverte du mont en deux jours. Un peu comme une entrée avec le plat principal. S'imprégner pour mieux profiter.

On s’arrête au café, ça fait un bien fou. Pauline n’arrête pas de me parler de sa nouvelle passion, Muffin tiède avec du beurre, je test. C’est pas le meilleur mais ça réchauffe.

On prends la direction d’Oamaru où on a trouvé une auberge avant d’aller vers Dunedin (non sans difficulté). L’opération Manchots commence.